Ces fous qui dormaient...

 
 
Ces fous qui dormaient dans des lits cercueils …..
C’est le titre d’un article de Dominique RICHARD paru sur le blog de Sud Ouest le Dimanche 22 Novembre 2009. Il est consacré au « Cimetière des oubliés » de Cadillac que j’évoquais justement cette semaine en même temps que le « Cimetière des fous » de Saint Alban en Lozère qui fut chanté par Eluard.
 
Sud Ouest relaye ainsi la lutte que mène des associations comme CARMINAREM pour la sauvegarde de ce lieu si particulier, témoin de la souffrance de ces hommes, de ces femmes, de ces enfants exclus de notre monde , parce étiquetés « fous » sans autre forme de procès.
Un long chemin a été accomplit entre « L’asile d’aliénés » et les centres psychothérapiques, il reste cependant encore beaucoup à faire, pourtant d’aucuns rêvent du retour de ces institutions, véritables mouroirs, où l’on enfermait le « fou » à vie.  
Ce combat, pour moi, est un devoir de mémoire. Parce que j’ai connu ces lits cercueils, Parce que le système asilaire  n’est pas mort, parce qu’il sommeille au fond des peurs viscérales entretenues par la bêtise, parce que j’ai consacré trente six ans de mon existence à lutter contre lui. Parce que l’Enfer est pavé de bonnes intentions, et que nos actes et nos paroles peuvent aller à l’encontre du but recherché, parce que la surprotection du patient est une forme d’aliénation et une atteinte à sa citoyenneté. Parce que nous devons sans cesse nous remettre en cause, parce que nous devons nous garder de la routine, nous interroger constamment à chaque pas de nos projets afin de savoir « où l’Asile pourrait bien s’y dissimuler ».
Parce que…..ces « malades dits mentaux »que l’on enfermaient sont nos frères, je vous livre quelques extraits de cet article que vous pourrez suivre en cliquant sur le lien suivant « Ces fous qui dormaient… »
 
« Ces fous qui dormaient dans des lits cercueils
e8ea57b61d.jpg(photo corbis)
C'est un combat singulier contre l'oubli que mènent depuis plusieurs années à Cadillac, en Gironde, des associations, des soignants et des amoureux du patrimoine. Un moment menacé par la commune, qui envisageait de l'annexer pour donner un peu d'oxygène au cimetière des gens dits normaux, le carré des fous vit aujourd'hui dans la crainte de la puissante administration pénitentiaire. Dans les bureaux de la chancellerie, quelques esprits millimétrés ont déjà recouvert ces quelques arpents de terre d'une solide couche de bitume. Ils y dessinent le parking du futur hôpital prison qui accueillera bientôt les criminels jugés dangereux à l'issue de leur peine.
Que peut peser la mémoire de ces 3 500 inconnus, malades de l'esprit, inhumés ici sans fleurs ni couronnes pendant des décennies ? Sous ces centaines de croix de fer décaties et de guingois, une armée d'ombres a été ensevelie par la dureté des temps et la cruauté des destins. Les poilus sortis les cerveaux en capilotade des tranchées de 14-18, les morts de faim de l'Occupation, les simplets et les épileptiques, les paysans du cru et les gens venus de l'autre bout de l'Europe ayant perdu la raison en chemin. Tous témoignent à leur façon d'un temps où l'on ne savait pas soigner la maladie mentale ……………………Mais, partout, le pouvoir repose sur les épaules du directeur et d'un médecin-chef tenu de visiter quotidiennement ses patients. On dit que celui de Cadillac, au début du XXe siècle, menait ses inspections à cheval, entouré d'une nuée de gardiens pour le protéger des gesticulations des patients…………………………………………… Ils dorment dans des lits en forme de cercueil sans couvercle. Les plus remuants sont attachés à des chaises percées, fixées à même le sol. …………………………La grande misère des asiles atteint son paroxysme pendant l'occupation allemande. Abandonnés à leur sort et laissés dans des conditions d'hygiène déplorables, 45 000 aliénés décéderont de faim, de froid et de maladie. À Cadillac, rien qu'en 1941, les menuisiers cloueront près de 600 cercueils »………………………
Dominique RICHARD
 
 
Pour information, la demande de protection du site émise par l'Association des Amis du cimetière des Oubliés" et par son président Michel BENEZECH,   au titre des monuments historiques doit être examinée en 2ème instance jeudi prochain par la commission ad hoc de la DRAC.
 Vous pouvez envoyer votre soutien aux :
Amis du Cimetière des Oubliés de CADILLAC sur GARONNE
Siège social 37, rue des Ecoles 33410 BEGUEY
 
Avec une e-adresse : cimtieredesoublies@gmail.com



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