Présentation des Mémoires Croisées

 
Il y a plus de dix ans que j’ai retranscrit sur disquette les mémoires de mon Grand Père, depuis, l’idée de mettre à la disposition du plus grand nombre ce récit, témoignage d’une vie, d’une époque, et d’évènements hors du commun ne m’a pas quitté.
Maurice s’est engagé à 18 ans en 1915, le jour même de la mort du premier mari de celle qui allait devenir son épouse. Blessé au bois de Saint Pierre Vaast, lors de l’ultime tentative de l’Armée française de percer les lignes allemandes sur le front de la bataille de la Somme, il est reversé par la commission de réforme dans l’artillerie au sein de laquelle il terminera la guerre et participera à l’occupation d’une partie de l’Allemagne après l’Armistice du 11 Novembre.
En 1921, il épouse Andrée, la sœur de l’épouse de son frère Félix dont il devint ainsi le beau-frère.  Conscient dès 1933 des risques d’une nouvelle guerre, il participe à la formation des sous officiers de réserve tout en exerçant divers métiers. En 1937, il devint contrôleur des contributions indirectes à Montcornet dans l’Aisne se trouvant ainsi aux premières loges le 10 Mai 1940 lorsque les allemands passèrent à l’offensive. Les administrations respectives de mes grands-parents organisèrent le replis de leurs fonctionnaires, mais dans des directions différentes, ce fut l’exode, d’abord ensemble, puis chacun de son coté, la famille, enfants compris, se dispersant dans la France entière avant de se retrouver, après de multiples péripéties  à la fin de l’été dans leur maison dévastée par l’occupant.
Hélas, c’est après avoir relaté cette période que Maurice interrompt son récit, il ne le reprendra pas, nous privant ainsi de son témoignage sur un épisode important de notre famille,  la participation de l’ensemble de ses membres à la résistance. C’est sur cette implication, que nous, les petits enfants nous nous sommes construits et que nous sommes devenus ce que nous sommes.
Comment rendre compte de la vie de Maurice et des siens en occultant le rôle joué par eux pendant la guerre de 1940 ? Janine incitant les prisonniers à s’évader avant leur départ pour l’Allemagne, ses frères participant à la récupération des armes et des équipements que les soldats français ont abandonnés dans les bois pendant la débâcle, Andrée « filtrant » les lettres de dénonciations dans son bureau de poste. Sans oublier la libération et cette situation exceptionnelle, Le Père et ses deux fils servant dans le même régiment de l’armée régulière, le lieutenant Maurice RENOUX, faisant office de commandant de compagnie (capitaine) avec sous ses ordres ses deux sous officiers de garçons. Cette aventure se terminera devant Saint Nazaire, dernière parcelle du territoire français à être libérée au soir de la capitulation de l’Allemagne le 8 Mai 1945.
Heureusement, Pierre et Claude nous ont apporté à leur tour leur témoignage sur cette période,
Par chance,j’ai pu retrouver des lettres échangées par les membres de la famille après leur dispersion lors de l’Exode en 1940  j’ai repris leurs écrits pour relater cette époque. J’ai également bénéficié de la chronique écrite par ma mère sur la vie de la famille après la guerre. J’y ai ajouté mon petit grain de sel, au travers de deux modestes chapitres, témoin privilégié de l’époque clermontoise et de la mort d’Andrée en 1960.
La Rubrique « Mémoires croisées » est donc constituée du récit de l’Exode établit à partir les lettres retrouvées et des extraits des mémoires de Maurice RENOUX et de ses fils Pierre-Jules et Claude.
Suivent l’intégrale de ces récits.
  1. L’enfance de Maurice RENOUX (Maurice RENOUX)
  2. La Guerre de 1914-1918 (Maurice RENOUX)
  3. L’entre deux guerres (Maurice RENOUX)
  4. Prélude de la guerre de 1940 (Maurice RENOUX)
  5. L’Exode et la vie sous l’occupation (Maurice RENOUX)
  6. La contribution de Pierre Jules RENOUX
  7. La Contribution de Claude RENOUX
  8. L’après guerre (Denise et Pierre-Paul RENOUX)



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