Histoire d'OS

 
 
Et si pour se remonter le moral, nous parlions un peu ….cimetière ????? Vous voyez ce que c’est au moins ? Il y en a dans tous les villages, et chez nous, nous en avons deux. Et oui, nous, nous avons les moyens. Non, je plaisante, ce n’est pas une question de gros sous (quoique !!) mais Uzès, comme de nombreuses collectivités gardoises, est partagée entre catholiques et protestants, souvenirs lointains des guerres de religion qui ont leurs origines ici même, puisque l’évêque de la cité ducale fut le premier en France à rallier la Réforme, et c’est aussi ici  que s’achevèrent en 1710 des décennies de combats, de pillages, de tueries avec la mort d’Abraham Mazel le dernier chef camisard, sur les toits d’un des mas de notre campagne.
Notre bon roi Louis XIII et ses successeurs firent payer au prix fort cette rébellion à notre ville, qui, pour le coup, hélas, semble avoir totalement perdu cet esprit rebelle envers les autorités.
La conséquence de tout ça, est que nous avons un cimetière protestant et un autre « dit » catholique. Vous voyez la nuance ? Non ? Et bien si le qualificatif du premier se justifie, parce qu’il s’agit d’une nécropole privée appartenant à une communauté cultuelle, le second, n’a pas une tête plus catholique qu’un certain ex premier ministre. C’est en fait le cimetière communal, républicain et laïc, où tout le monde peut se faire enterrer, que l’on soit catho, athée, juif, musulman et même protestant, mais c’est ainsi, par commodités et pour le différencier de l’autre, on l’appelle cimetière catholique.  
Mais, en fait, ce n’est pas des boulevards des trépassés (comme les nomme mon père) d’Uzès dont je voulais vous entretenir mais de celui de Salavas dans l’Ardèche, là où repose ma mère. Comme chez nous, ils ont un cimetière communal, qui, par définition est commun à tous,  mais le clivage entre les catholiques et les protestants était si important que l’enclos est doté de deux portes du même coté mais distantes d’une dizaine de mètres.
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Il y a l’entrée des papistes et celles des huguenots, à chacune d’entre elles, de part et d’autre du portail étaient enterrés les curés de la paroisse pour les uns , les pasteurs pour les autres. Ainsi, même le jour de leur mort les ouailles défilaient devant  leurs directeurs de conscience.
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J’en vois qui, derrière l’écran de leur ordinateur, se disent que tout cela c’est du passé, mais non !!!!! Aujourd’hui encore, à chaque enterrement, en arrivant au cimetière de Salavas le cortège se scinde en deux, le défunt et les protestants s’il est protestant passe par l’entrée des protestants, et les catholiques entrent par l’entrée des catholiques, et inversement. Ensuite tout ce beau monde se retrouve devant la sépulture. Bien entendu, tacitement les uns sont inhumés d’un coté du cimetière et les autres en face. Quand aux défunts athées, juifs et musulmans, ils jouent les casques bleus en s’interposant entre les deux communautés religieuses.
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Et comme certains refusaient de cohabiter, il y a un petit cimetière familial protestant accolé au cimetière communal !!!!!! (Coté catholique d’ailleurs !!!)
Inhumez les tous, Dieu reconnaîtra les siens !!!!



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