Irène et le Paic Citron

 
Irène et le Paic Citron
Vous connaissez Irène ? Non ? Mais bien sûr que si !!! Nous avons tous une Irène comme voisine, et je suis même certain qu’il y a de l’Irène en chacun d’entre nous.
La mienne, elle habite à deux pâtés de maisons de chez moi, je l’ai connu il y a deux, trois décennies, Elle fait partie de ces gens que vous côtoyez sans vous en apercevoir, et puis un jour, à l’assemblée générale du club de sport de votre enfant, quelqu’un propose de vous aider pour la kermesse. C’est elle !!! Vous vous souvenez vaguement de l’avoir entrevue à l’entrée du collège, peut-être aussi, mais vous n’en êtes pas sûr, à cette soirée électorale qui avait tourné au désastre quand votre candidat s’était fait battre d’une seule voix.
Bref, un coup de main, ça ne refuse pas, et durant toute une après midi vous avez confectionné ensemble moult sandwichs de toutes sortes, vous avez découvert ce jour là que vous aviez finalement bien des points communs avec elle, vous vous êtes étonnés surtout de ne pas l’avoir rencontrée plus tôt, vous avez sympathisés et trente années plus tard, vous êtes toujours amis.
Ça y est ? Maintenant vous voyez qui est Irène ? Bon, vous savez que pour elle la qualité n’a pas prix,  et qu’elle préférait, par le passé, prendre son pain et sa viande chez le commerçant du coin, plutôt qu’à la superette. Les enfants avaient grandis, ils volaient de leurs propres ailes, sans être riches son  mari, et elle avaient les moyens  de s’offrir ce petit luxe de ne pas être trop regardant sur les prix. 
medium_lave_vaisselle1.jpgUn jour l’heure de la retraite sonna, et bon gré mal gré, il fallut songer à mieux « consommer » comme l’on dit pudiquement, d’autant que son « pauvre mari », sans crier gare, s’en alla, un sale jour de M…. , prendre possession, ad vitam éternam, d’un lopin de terre boulevard des allongés.
Irène renonça à des années de fidélité à son boucher et à sa boulangère, elle prit le chemin d’une grande surface, s’intéressa aux « premiers » prix, procéda à des essais comparatifs, fit des choix, préférant les grandes marques pour certains produits, le bas de gamme pour d’autres, mais je ne vous apprends rien, nous autres retraités nous en sommes tous là, surtout que ces derniers temps, les coûts  de chauffage, des mutuelles et de bien des choses ont grimpé d’une façon vertigineuse.
Récemment, notre amie s’est trouvée devant un sacré dilemme, fallait-il acheter du liquide vaisselle « de grande marque » ou choisir un produit  à l’enseigne du magasin ? Ce dernier étant moins coûteux, mais aussi moins performant que le premier. 
Irène a coupé la poire en deux, elle achète désormais les deux produits qu’elle mélange, mais, car elle a sa fierté, elle conserve toujours la bouteille précédente du liquide de marque pour y mettre sa mixture, comme cela dit-elle «  si je meure d’un coup, les voisines en fouillant mes placards trouveront que du Paic- citron, et je ne passerai pas pour une pauvre »
Eh bien, Irène, je vais te faire un aveu : je fais la même chose avec le pastis !!! J’achète le moins cher et je le transvase dans une bouteille de 51. Je sais bien que les connaisseurs s’en apercevront, mais je peux compter sur mes amis, ils sont trop polis pour m’en faire la remarque.



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