Le temps des Confitures

 
Tu te demandais bien où j’étais passé, C’était pas aux sports d’hiver, ni en croisière (sur le Nil, ça doit être chouette en ce moment) , je n’étais pas non plus en train de jouer ma retraite au casino de Monte Carlo : je faisais des confitures de fruits de saison, de quelle saison ? de toutes les saisons, (myrtille, cerise, prune, figue, framboise, fraise, pêche etc. …) Dix kilos de bons fruits qui n’attendaient que cela depuis des mois, parfois des années dans un congélateur , tu sais, celui à tiroir dans le garage, il était à mes parents, à la mort de ma mère, il y a 7 ans, lorsque j’ai débarrassé la maison où mon père ne voulait plus vivre, j’en ai en quelque sorte hérité. Chaque fois que j’avais des fruits en trop grande quantité pour les consommer raisonnablement tout de suite, mais insuffisamment pour faire des confitures, je les congelais en me disant que peut-être un jour, quand j’en aurai d’autres, je pourrai sortir le chaudron de cuivre, les écumoires, ainsi que les pots gravés à mon nom (Le Parfait, Aie !!!! mes chevilles !!). Le problème est que j’en avais toujours trop !!! Heureusement un korrigan, certainement poursuivi par le chat du voisin, est venu se réfugier chez moi. Une fois à l’abri et remis de ses émotions, il n’a pas trouvé mieux à faire que de farfouiller dans le congélateur en oubliant bien entendu de refermer la porte. Rassure-toi, lorsque je m’en suis aperçu, rien n’avait dégelé, mais l’air extérieur en circulant entre les tiroirs avait déposé une couche de poudreuse que m’a envié la moitié des stations de haute montagne. En fois les sachets de fruits extraits avec l’aide d’une meute de chiens d’avalanche, il ne me restait plus qu’à me mettre au boulot.
Je te vois, derrière ton écran, avec ton coté écolo, tu dois te demander, d’où je les sors mes fruits, et bien tu vas être content, c’est du Bio, ce n’est pas un choix, c’est comme ça, je suis trop fainéant pour les sulfater, en tout cas ceux provenant de mon immense verger, 160 m2 !!!! Les nuits d’été, quand je vais faire pipi contre la haie du fond, il me faut le GPS pour revenir. C’est sûr que ce n’est pas l’arche de Noé des arbres, un seul individu par espèce et pas plus, d’abord , il y a mon olivier, 55 kg d’olives à lui tout seul, grosses comme mon pouce, même qu’au moulin, y’en a qui m’ont demandé si ce n’était pas des prunes, j’ai aussi un figuier de Provence, ceux qui te font des figues fleurs à la fin du printemps, on les appelle les « couilles du Pape » de part chez nous, un fruit qui te rafraîchie quand tu mords dedans, c’est un arbre généreux qui t’offre une seconde récolte à l’automne, des figues plus petites et bien rondes, très sucrées, déjà à moitié confites, cette année j’en ai eu 20kg en Juin et trente en septembre, j’en donne à tout le monde, voisins, parents et amis. Mes pêches, je ne les pèse pas, je les compte : 230 unités à la mi Août, mon arbre provient d’un noyau de pêche de vigne que quelqu’un avait craché dans un pot de fleur chez mon beau père, je n’ai pas eu besoin de le greffer, quand la sécheresse ou la cloque le font crever, je le coupe à ras et il repousse encore plus beau. A ce propos, l’an passé, j’ai du tailler mon prunier qui partait dans tous les sens, une petite année sabbatique, et il est fin prêt à me donner ses quarante kilos de reine Claude.
Je ne peux pas habiter Uzès sans avoir mon « truffier » le mien est encore un peu jeune, mais je ne désespère pas dans deux trois ans …..mais chuttt !!!! Ça doit rester secret. Quand à mon grenadier, tout le monde s’en fout, il fait des fleurs, ce n’est déjà pas si mal.
Les myrtilles et les framboises, je les cueille sur les pentes du mont Aigoual, les cerises viennent du « Goliath » , un vieux garçon qui possède une cerisaie à l’abandon depuis une quinzaine d’année dans la Drôme, au pays de Dame ZETTE, ( ce qui n’a pas empêché le fisc de lui demander des explications, « ils » avaient repéré son verger par satellite !!!!!!! Authentique !!!! , Comme d’après les photos il apparaissait que le terrain était nettoyé à la herse « Ils » sont venus sur place pour constater qu’il n’entretenait plus ses arbres). Quelques abricotiers qui survivent par habitude dans le jardin de feu mon beau-père, les quelques plants de fraisiers qui leur tiennent compagnie, et tu vois que je ne me ruine pas pour confectionner mes confitures, la seule chose que j’achète,( a part le sucre) c’est la rhubarbe, j’y tiens, d’abord parce que je l’aime, et ensuite parce que ça me rappelle ma grand-mère paternelle qui en faisait quelques pots chaque année, ma madeleine de Proust en quelque sorte.
Bon, ce n’est pas le tout, il va me falloir maintenant les ranger dans mon petit chalet au fond du jardin



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