Les jeux pendant la Récré au Lycée de Saint FLOUR

 
Il faudra bien qu’un jour j’en termine pour passer à autre chose mais, malheureusement pour vous vous allez devoir supporter encore une fois le récit de mes souvenirs d’internat. Mais ne vous êtes aucune illusion j’en ai encore en réserve.
 
La cour de récréation.
 
Les jeux idiots et dangereux dans les cours de récré ne datent pas d’hier, chaque fois que je lis dans le journal le récit d’un accident survenant dans un collège, je me remémore nos « temps libres » au lycée de Saint Flour en 1961. Ils se limitaient à la cour de récréation, située à l’arrière de l’établissement, cet espace n’était pas très large, impossible d’imaginer y jouer au foot, les billes et la pelote étaient nos seuls jeux. Bien sûr il n’y avait pas de télévision ni même d’activité culturelle.
Quel que soit le temps, nous devions rester à l’extérieur pendant les heures de récré, le préau était à peine assez grand pour nous accueillir les jours de pluie. Les seules exceptions à cette règle étaient accordées pendant les tempêtes de neige, mais dès que le dernier flocon était tombé, nous sortions patauger dans dix, vingt, voir quarante centimètres de bonne poudreuse. Le thermomètre à moins dix n’était pas une excuse valable pour rester en salle d’étude y compris les jours ou le blizzard glacé et pénétrant venait s’ajouter aux rigueurs du climat.
Nous avions nos jeux qui devaient nous permettre de nous réchauffer, le « Moulon » était le plus simple d’entre eux, quelqu’un se coinçait dans l’angle du préau et criait « Moulon ! ! ! ! », Aussitôt les autres venaient se coller contre lui comme un essaim d’abeilles, il fallait faire en sorte de ne pas rester à l’extérieur afin d’être protégé du froid, pour les petits dont j’étais, il fallait veiller à se trouver entouré de garçons de la même taille que soi, afin de ne pas être étouffé par les plus grands.
Il y avait aussi la « chenille », nous nous divisions en deux équipes, le chef de la première se mettait contre un mur, son second s’inclinait devant lui, comme à saute mouton en mettant sa tête contre le ventre du premier et en le tenant solidement par la taille. Le troisième venait placer sa tête entre les jambes du second, et ainsi de suite tant qu’il y a des équipiers. Une fois la chenille en place, les membres de l’équipe opposée sautaient les uns après les autres sur le dos de la chenille en prenant appui sur le dernier élément, tout en cherchant à s’approcher le plus près possible de l’autre extrémité. En retombant, les joueurs essayaient d’écraser leurs adversaires de tout leur poids. Lorsque tous les équipiers de retrouvaient à cheval sur le dos de la première équipe, ils s’agitaient dans tous les sens pour faire écrouler l’ensemble. Il n’était pas rare, qu’un grand en passant devant une chenille ne s’invite à la fête et nous écrasât de tout son poids. Comment se fait-il qu’aucun d’entre nous n’a eu la colonne brisée ? Sûrement un miracle !
La « glissade » était réservée aux jours de neige, nous prenions notre élan et nous glissions sur quelques mètres dans la poudreuse qui se transformait rapidement en glace. Nous allions ainsi de plus en plus vite et de plus en plus loin, la piste s’agrandissant rapidement.
Tous ces jeux étaient bien entendu rigoureusement interdits, mais comme le bizutage, ils faisaient partie des « traditions »  que les élèves respectaient scrupuleusement. Les pions fermaient les yeux et n’hésitaient pas parfois à participer aux « glissades ». Le censeur craignait particulièrement cette dernière activité qui engageait sa responsabilité, il nous fallait toujours prévoir un « guetteur » à la porte de la cour afin de faire le « teusse » (il toussait bruyamment à l’arrivée du censeur).
Nos patinoires ne duraient pas très longtemps, la main perfide du concierge, guidée par le bras rageur du censeur, répandait du gros sel sur nos plus belles pistes et nous devions attendre la prochaine chute de neige pour recommencer



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